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Le journal télévisé : le présentateur

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Dès son apparition un rôle clef est dévolu au présentateur : le lancement des sujets. La plupart du temps des journalistes et des spécialistes viennent le seconder. Aujourd’hui, il est l’homme-orchestre et le protagoniste du JT avec deux fonctions remarquables dans les JT des chaînes généralistes : baliser les grandes articulations du journal et assurer les transitions entre les sujets.

• L’accueil

La personnalisation du journal se fait sentir dès les années 1970. Chaque présentateur adopte un ton, un style perceptible dès l’ouverture du journal par des « bonjours » / « bonsoirs » péremptoires, tonitruants… mais toujours accueillants.

 

Observer

On s’amusera à comparer et qualifier quelques accueils.
C’est dans le déroulé du générique d’ouverture du JT qu’Yves Mourousi surgit, tel un diablotin, dans une fenêtre inscrite à la droite de l’écran. Il y laisse retentir son fameux bonjour.
Ce n’est qu’après avoir présenté les titres du journal de 20 heures que Patrick Poivre d’Arvor envahit l’écran par un effet de zoom avant, et enchaîne sur une formule de politesse convenue à l’adresse des téléspectatrices et téléspectateurs.
Si l’intervention d’Yves Mourousi se veut plus détendue et familière, celle de Patrick Poivre d’Arvor a pour but de mieux capter l’attention des téléspectateurs.

 

• Les lancements

Le lancement des sujets est un exercice difficile. Le présentateur doit en effet introduire le reportage (il le fait aujourd’hui d’une manière de plus en plus concise) sans en déflorer le contenu pour donner envie au téléspectateur de regarder le sujet. Le lancement ne cherche plus aujourd’hui à faire le lien avec le reportage qui précède : les sujets s’enchaînent « sans transition ».

 

Observer

On repérera dans les lancements mots clefs ou formulations propres à susciter l’intérêt des téléspectateurs.
Entre son « Pourquoi pas » et « Nous ne sommes pas chauds du tout », Jean-Marie Cavada se joue de la réaction des syndicats à l’égard d’une nouvelle réforme de l’enseignement.
Marie-Laure Augry, elle, resitue dans son lancement le festival d’Avignon pour présenter un reportage consacré à un metteur en scène. Elle s’appuie sur le thème de cette année-là, la réconciliation entre théâtre et cinéma, pour introduire le sujet en usant d’un ton neutre et concis. Contrairement à Marie-Laure Augry, Jean-Marie Cavada tient un discours semblant refléter son avis personnel.

 

• Les entretiens
Le duplex met en relation l’espace du plateau et celui du reportage. Sur le terrain, le reporter ou l’invité est interviewé en direct par le présentateur. Les liaisons téléphoniques ont fait place aux liaisons par faisceaux qui permettent de voir la personne interrogée. Les duplex se signalent par des représentations visuelles (téléphone, photo du correspondant, incrustations, partition de l’écran…).

 

 

Observer
Parmi les extraits proposés, on commentera les différents dispositifs de dialogue mis en place.
Avec l’interview d’Isabelle Adjani par Patrick Poivre d’Arvor, on est en présence d’un duplex où, par le jeu de l’ouverture d’un écran de l’écran, le présentateur et la comédienne, celle-ci depuis le festival de Cannes, semblent dialoguer en vis-à-vis. Pourtant, ils ne sont pas à la même échelle : alors que PPDA apparaît de dos lorsqu’il pose ses questions, la comédienne est à l’écran, face aux téléspectateurs, tout au long de l’entretien.
Dans la deuxième vidéo, Paul Amar nous avertit que nous sommes en présence d’un duplex différé. Il s’agit d’un entretien radio avec le général Morillon filmé et enregistré sur le plateau, avant le journal. Seule la présence d’illustrations (photos, cartes) animent cette conversation.
L’intervention en duplex d’Isabelle Adjani a sans doute un caractère plus vivant. Cependant, la retransmission de la conversation téléphonique avec le général Morillon montre les difficultés de communications dues à la guerre et place le téléspectateur face à la dure réalité du conflit.

Lire la suite : La personnalité du présentateur