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L’écologie en questions 1

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Enjeux écologiques

Dès les années 1970, la télévision a joué, à sa manière, un rôle pédagogique en vulgarisant l’ « idée écologique »: place plus importante accordée dans ses émissions d’information au questionnement environnementaliste (vision globale des enjeux); mais aussi coups de projecteur sur les comportements individuels respectueux de l’environnement (actions locales).

• Penser globalement

Le petit écran a médiatisé quelques figures célèbres. René Dumont (années 1970) ou Nicolas Hulot, par exemple. En trente ans, l’argumentation n’a pas beaucoup varié. Pourtant, l’éclairage donné à ces hommes, le traitement que les médias leur ont réservé a radicalement changé. On est passé du portrait quelque peu anecdotique du militant à la prise de parole très médiatique des tenants de la nouvelle génération d’environnementalistes.

 

Observer

L’écriture du premier extrait s’apparente à l’art du portrait : on procède par petites touches successives (8 premiers plans sur un total de 10) qui mettent en évidence la personnalité singulière de René Dumont (scénarisation de son arrivée à bicyclette, enjambement d’une barrière -goût pour la transgression ?), son mode de vie alternatif (plans sur une péniche où il a élu domicile), et sa relation aux autres, conviviale (large assemblée sur le pont) et trans-générationnelle (enfants et jeunes qui l’entourent). Autant de notations visuelles à valeur connotative pour mettre en place le personnage avant de recueillir son témoignage, sur fond de rivière pour décor (choix de mise en scène qui convenait bien pour interviewer un écologiste).

Dans le second extrait, Nicolas Hulot interpelle MM. Douste-Blazy et Fabius. Les partis pris de réalisation de l’émission sont explicites : on part d’une représentation du plateau dans sa totalité ; on y devine Nicolas Hulot noyé dans l’assistance (plans d’ensemble à hauteur d’homme sur le plateau, doublés de plans zénithaux de valeur identique) ; puis on « extrait» Nicolas Hulot du public (plans serrés sur le locuteur, repris in situ sur grands écrans) pour lui conférer le statut (tout éphémère) de protagoniste. Le découpage de l’espace (alternance de gros plans sur Philippe Douste-Blazy, Laurent Fabius et Nicolas Hulot) permet d’imaginer la distribution des rôles qui en découle et de mesurer l’impact du locuteur sur les deux hommes politiques qui l’écoutent (plans de réaction).

 

• Agir localement

Le devant de la scène télévisuelle revient, comme il se doit, aux grandes figures du mouvement écologique. Les acteurs locaux ont moins de visibilité. Pourtant, la télévision se fait de plus en plus souvent l’écho de leurs initiatives. Souvent sous forme de portraits pour mettre en exergue des expériences présentées comme exemplaires et profitables à l’écosystème.

 

Observer

L’écriture de ce bref reportage (premier extrait) consacré à la géothermie semble être un clin d’œil et un emprunt au genre publicitaire. Le sujet s’ouvre en effet sur une séquence qui met en scène, comme le ferait une publicité, un quidam convaincu par l’efficacité et l’avantage du produit de consommation de référence (ici, la géothermie). Conviction et identification sont les moteurs du message : conviction dans le ton qui force l’adhésion, identification au personnage par le jeu de la caméra portée qui le suit et nous le fait percevoir dans la proximité. Cut. Après ce « teaser », le reportage reprend ses droits, sous une forme très classique : étude de cas faisant alterner images d’illustration et entretien avec un expert qui valide le bien fondé de l’opération. La forme hybride de ce reportage mérite notre attention. Elle témoigne d’une tendance à mêler dans un sujet, volontairement ou non, information et communication.

Le second extrait – portrait d’un agriculteur – fait apparaître une intéressante structuration symétrique. La séquence centrale est consacrée à l’entretien, sur le terrain. Deux segments scénarisés l’encadrent. Le premier, en amont, pour montrer la famille heureuse au grand complet dans un salon très contemporain (connotation : harmonie et modernité). Le deuxième, en aval, est consacré aux explications de l’agriculteur (connotation : expertise et technicité). L’effet de sens produit par ces connotations positives concourt à valoriser le sérieux et l’efficacité du personnage. Impression confirmée par l’intervention d’un spécialiste en dernière partie du sujet. La rencontre scénarisée et symbolique des deux hommes (pied du sujet) est une façon de souligner la synergie qui les motive (le croisement des intérêts entre le monde rural et le monde urbain).

Lire la suite : L’évaluation des risques