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L’immigration en France 3

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Racisme, racismes

Le racisme est, par nature, multiforme : décelable à des comportements ou des propos qui ne sont pas toujours ouvertement xénophobes, il s’exprime au quotidien dans la cité ; il traduit la vulnérabilité de ceux et de celles, adultes ou enfants, qui en sont les victimes, à quelque degré que ce soit. Lutter contre les préjugés est une tâche de longue haleine : elle peut faire l’objet, au sein de l’entreprise, d’une réflexion sur les pratiques d’embauche discriminatoires ; elle peut aussi susciter des actions pilotées par des associations anti-racistes pour mettre en évidence la persistance de pratiques d’exclusion.

• Le racisme au quotidien

Traité de façon récurrente dans les magazines de reportages, le thème de l’immigration se prête bien à travailler sur le périmètre d’un quartier ou d’une ville. Dans l’un ou l’autre de ces espaces, la télévision prend parfois prétexte d’un événement pour révéler des comportements racistes (premier extrait) et pour donner la parole à des immigrés (deuxième extrait).

 

 Observer

Les premières minutes de ce reportage de format magazine (in "L’événement", TF1, 1981) mettent en évidence un montage qui joue sur l’opposition entre deux univers : celui des immigrés et celui des « autochtones ». Le passage d’un univers à un autre est traduit par des ruptures (cuts francs) pour mieux suggérer l’idée d’une cohabitation problématique. En ce sens, les premiers plans du sujet sont exemplaires : à une conversation off en arabe répond le son des cloches, à l’image des quatre maghrébins qui marchent dans une rue de Rennes répond l’image de bretonnes en habit traditionnel priant dans une église. Ces « collisions » de signes semblent renvoyer les communautés dos-à-dos : la première (bretonne et catholique) ancrée dans ses certitudes, la seconde (les immigrés) incertaine du statut et de la place qu’on lui accorde dans la cité. Cette trame contrastée définit le traitement du reportage. Elle enrichit et dramatise le sens des propos recueillis dans l’un et l’autre camp.

Contemporain du précédent, le second extrait se présente comme une série de témoignages d’enfants. La facture de ce micro trottoir est classique : plans serrés sur les sujets, interventions brèves, retour à des plans larges qui jouent la fonction de volet et permettent de poser un commentaire. On notera la construction en crescendo du sujet qui donne la part belle à l’émotion. On soulignera enfin l’intérêt d’avoir choisi des d’enfants pour aborder un thème grave et polémique

 

 

• Lutter contre le racisme

Donner matière à réfléchir sur des comportements racistes qui s’expriment dans des entretiens d’embauche et le milieu du travail, est l’un des exercices auxquels se livrent, à l’occasion, journaux télévisés et magazines d’information. L’autre axe possible est l’enquête sur le terrain pour dénoncer des pratiques discriminatoires. De cette approche conduite en caméra cachée, la télévision excelle et l’audience est friande.

 

 Observer

Le premier extrait (sujet de JT sur la discrimination positive) est intéressant du point de vue de sa structure en enchâssement. La partie centrale, qui fait état d’un séminaire de formation, se prête bien à une réflexion en grandeur réelle sur la discrimination positive : captation de la séance et entretiens avec différents participants. En amont et en aval, la séquence est encadrée par le portrait d’une jeune togolaise qui a su faire valoir ses compétences de technicienne confirmée, malgré le double handicap de ses origines et la nature de son emploi. Cette construction est suffisamment originale pour qu’elle soit signalée, d’autant plus qu’elle permet de mettre en perspective, sur le mode de l’étude de cas, la problématique traitée. Deux sujets en un, en quelque sorte.

Le second extrait est sans aucun doute la énième version d’un sujet dont l’accroche d’audience joue sur l’utilisation de la caméra cachée (pratique explicitée par un texte en incrust de l’image). Cette partie spécifique de « test », censée être la plus « captivante » pour le téléspectateur est paradoxalement la plus pauvre au plan sonore et visuel. Cela tient bien sûr à l’imperfection du cadrage mais aussi au manque de lumière et à une prise de son non maîtrisée. Paradoxalement, ces faiblesses techniques ont pour effet d’authentifier la scène filmée et de lui donner une crédibilité supplémentaire.